L’AMARC appelle l'État chilien à respecter l’entente visant à dédommager les citoyens touchés par la discrimination et promouvoir la diffusion de la radio communautaire

L'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) et son chapitre national AMARC Chili accueillent favorablement l'accord le règlement promu par la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) entre l'État chilien et 9 journalistes et 6 auditeurs de Radio Estrella del Mar située à Melinka, dans la région d’Aysen, qui avaient vu leurs droits à la liberté d'expression et à l'accès à l'information violés.

Cette affaire remonte à 1999 alors que le harcèlement et la discrimination a commencé sous la gouverne du maire de l'époque, Luis Miranda, qui a ordonné, à sa discrétion, de fournir l'alimentation électrique à la radio que dans l'après-midi parce que la ligne éditoriale de celle-ci était contraire à ses idées. Cela a été fait au détriment de la radio municipale et de deux chaînes de télévision de diffusion nationale, qui avaient le pouvoir de fonctionner toute la journée sur l'île.

À cet égard, Miguel Millar, ancien directeur de la radio touchée a rappelé, plus de 15 ans après les faits, la discrimination arbitraire dont ils ont souffert comme les conditions inégales imposées à la radio communautaire alors qu’ils étaient soumis à la discrétion de l'autorité de l'État.

Basé sur ces faits, l'AMARC et le Centre pour la Justice et le Droit International (CEJIL), qui ont agi en tant que pétitionnaires, ont présenté le cas à la CIDH, qui, après un long processus de plus de 10 ans, a poursuivi l'État du Chili pour qu’il se conforme à quatre points clés qui reconnaît le droit à la liberté d'expression et à l'accès à l'information comme une prérogative des différents secteurs de la société, encore plus pour les acteurs sociaux exclus par des conditions géographiques et économiques, pour opérer une fréquence radio légitimement accordée par le sous-secrétaire des télécommunications du Chili (Subtel), comme c’est le cas avec la Radio Estrella del Mar, à Melinka.

Le règlement comprend des mesures financières pour ceux qui ont été touchés et la non-répétition de ces actes discriminatoires. En outre, l'État doit faire connaître l'accord, promouvoir la radiodiffusion publique dans les régions de Los Lagos et d’Aysen, organiser un séminaire pour discuter de la portée de l'accord et promouvoir des politiques publiques pour favoriser la diffusion libre et inclusive.

L’AMARC espère que l'État et les différentes institutions impliquées dans cet accord peuvent mettre en œuvre les différents points convenus, de manière à se conformer aux normes internationales sur la liberté d'expression et le droit à la communication, ainsi que la modification de la loi 20.433 avec l'abrogation de Article 36 b), le point a, qui criminalise la radiodiffusion non autorisée.

Cette décision de la CIDH renforce la demande permanente du mouvement de la radio communautaire pour l'égalité d'accès aux biens publics de communication et la mise en œuvre de politiques préférentielles d'intérêt public pour les territoires et les communautés qui ont été historiquement exclus des plateformes de communication.