Des organisations de défense des droits de l’homme nationales et internationales appellent les autorités Tunisiennes à accentuer les efforts pour faire la lumière sur la disparition de Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari

Du 17 au 20 juin, une délégation représentant treize organisations de défense des droits de l’homme a rencontré plusieurs responsables politiques tunisiens dans l’affaire Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari, journalistes disparus en Libye depuis septembre 2014. Elles ont demandé plus de transparence et une meilleure coordination entre les initiatives politiques et celles de la société civile pour faire toute la lumière sur ce dossier.

Lors de leurs entrevues auprès du président de l’Assemblée des représentants du peuple et des ministres de la Justice, des Affaires Etrangères, de l’Intérieur  et du ministre auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec les instances constitutionnelles et la société civile, les organisations ont appelé à la création d’une cellule de crise commune. Cette entité permettrait, selon les organisations, une meilleure coordination entre la société civile et les autorités tunisiennes sur le dossier. Elles ont également rappelé que la mise en place d’une stratégie commune permettrait l’analyse et l’exploitation des informations collectées depuis septembre 2014.

Les organisations ont également demandé plusieurs clarifications, notamment sur le flou entourant la gestion du dossier depuis le 8 septembre 2014 par les autorités gouvernementales et l’ouverture tardive d’une enquête judiciaire.

Les responsables politiques tunisiens ont pour leur part exposé leurs points de vue et les détails des efforts menés avec toutes les parties en Libye et à l’international. Ils ont aussi indiqué avoir mis à disposition tous les moyens de l’État pour l’élucidation de cette affaire, au niveau sécuritaire, diplomatique et juridique. Une enquête judiciaire est d’ailleurs en cours depuis janvier 2015 et a mené à la visite d’un juge d'instruction tunisien en Libye, suite aux affirmations donnés par le gouvernement de Tobrouk le 28 avril dernier.    

Les organisations signataires de ce communiqué ont précisé avoir reçu un accueil favorable des autorités tunisiennes quant à la création d’un nouvel organe de coordination. Les membres du gouvernement ont par ailleurs salué l’engagement du Syndicat national des journalistes tunisiens et de ses partenaires sur ce dossier.

Le groupe de coordination des organisations de la société civile est né de la volonté de faire la lumière sur la disparition de Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari, de mieux protéger les journalistes et de lutter contre l’impunité des crimes commis contre eux.

Les organisations signataires :

  • Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens
  • La coalition tunisienne pour la défense de la liberté d’expression
  • La Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme
  • Le Centre de Tunis pour la Liberté de la Presse
  • Le syndicat général de l’information au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT)
  • L’association Vigilance pour la démocratie et l’État de droit
  • Amnesty International – Section Tunisienne
  • Reporters Sans Frontières
  • Article 19
  • Avocats Sans Frontières
  • Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH)
  • Le Réseau Euro-méditerranéen  pour les Droits de l’Homme
  • Human Rights Watch
  • Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC)